Lettre ouverte - Le pardon ... et si c’était le chemin qui nous conduit de notre tête à notre cœur ?

Par cette lettre ouverte, je souhaite vous partager un magnifique texte de Nadège Trémouilles, Hypnothérapeute dans le Carnet de Milie. Un texte qui prend tout son sens dans cette période difficile mais pas que car nous avons tous été confrontés à des situations où nous avons dû ou voulu pardonner. Une lettre émouvante, sincère, et qui je pense pourra vous guider vers ce joli mot que l'on appelle "Le Pardon".


Bonne lecture à vous chez lecteur,




Un voyage qui part de notre intellect où le pardon est une vaste ‘notion’ : de reconnaissance de soi, de l’Autre, de l’offense, des blessures activées ou réactivées, des émotions, ressentis et ressentiments qui en découlent. Une immersion en soi qui demande du courage pour l’aborder honnêtement, le traverser sincèrement et le dépasser amoureusement, pour nous amener dans notre cœur : c’est un acte d’amour pour Soi et pour la Vie !


Mais ce voyage d’exploration de soi, de ses relations, de son fonctionnement, comportement, est exigeant, il nous met face à nous-même, à nos peurs, nos manques, nos croyances limitantes, notre histoire personnelle, familiale et collective, accompagné d’une myriade d’émotions et sentiments aussi colorés que puissants, oscillant entre colère, tristesse, chagrin, … et impuissance.


Certaines offenses - qui nous touchent intimement ou affectent des êtres qui nous sont chers- sont vécues violemment, et peuvent conduire certaines personnes à un désir de vengeance, qui correspond à un état réactionnel de profondes blessures. Pardonner n’est pas accepter, excuser ce que l’Autre a fait, mais dans ce cas, c’est abandonner la soif de vengeance, et se libérer de cette violence intérieure retournée contre soi. S’accrocher à l’offense, ça peut être s’accrocher à la souffrance … Mais le pardon est d’abord un pardon à soi : se pardonner d’avoir fait, pas su faire, pas pu faire, de ne pas avoir compris, vu, su, laisser-faire, subi … c’est se libérer du poids de la honte, de l’humiliation, du rejet, du jugement, de la culpabilité, c’est se libérer du poids de l’état de victime. C’est un chemin de réconciliation, d’estime et d’amour de soi, avec un besoin de prendre soin de soi, de reconnaître ses parts blessées, pour les guérir et être en paix. Et qu’en est-il du pardon à l’autre personne qui a offensé ? Cette offense peut être ressentie comme un lien nocif qui nous attache à l’autre personne, qui a eu ce pouvoir de nous blesser. Nous pouvons parfois ressentir comme une obligation à pardonner : il faut libérer, se libérer, il faut se réconcilier … « Il faut ! » un mélange judéo-chrétien, néo-spirituel … qui peut aussi nous maintenir dans une certaine forme de culpabilité, de punition, de péché… « Comment ça, ma petite fille, tu n’as toujours pas pardonné ? », « Je ne te comprends pas, au bout de toutes ces années, avec tout le travail que tu as fait sur toi, tu n’as toujours pas pardonné !! », et l’offensé se retrouve sur le banc de l’accusé, d’être en échec de pardon, de ne pas être une ‘bonne’ personne, de ne pas faire ce qu’il faut. Non seulement, l’offensé a été blessé, mais il se retrouve coupable et honteux de ne pas être prêt pour le pardon, doublement victime ! Il ‘s’inflige’ une double peine. On se met alors à vouloir pardonner, et en se concentrant sur la volonté de pardonner, on reste dans son mental, on sent bien qu’un « pardon mental » ne nous libère pas complètement.


Il arrive aussi qu’une partie de nous pardonne et une autre résiste …, et elle a probablement ses raisons, et c’est respectable ! Mais ces souffrances, les a-t-on vraiment reconnues pour qu’elles soient encore là ? A-t-on pris le temps de les observer ? A-t-on pris le temps de les ressentir avant de comprendre d’où elles pouvaient venir ? Etaient-elles déjà là (depuis l’enfance ?), et cette offense les a réactivées ? Souvent, le réflexe premier est de vouloir supprimer tout ce qui est souffrant en nous, vouloir tout de suite s’en débarrasser, le nettoyer, transformer, transmuter, ou laisser nos mécanismes de protection encore actifs s’en occuper (et nous mettre dans le déni : on met un mouchoir dessus et on oublie, on nie même que ça a existé ; le refoulement : on oublie pour ne pas souffrir ; le clivage : on oublie ce qui fait mal et on garde le reste ; la banalisation : « c’est pas si grave que ça » ; l’évitement : on fuit ; la projection : on rejette sur l’Autre ce que l’on vit intérieurement, « c’est de la faute de l’Autre » … ne pas oublier que ces mécanismes nous protègent, protègent nos blessures, alors soyons indulgents et acceptons là où on en est).


On va essayer de le balayer avant même de le connaître, de le reconnaître, et de savoir ce que ça vient nous dire, nous apprendre sur nous, notre fonctionnement, notre comportement. Comme nous n’avons pas été éduqués pour accueillir notre monde intérieur, notre univers émotionnel, nous le fuyons et évitons ce qui pourrait nous mettre en difficulté émotionnelle. Nous avons tendance à protéger nos blessures présentes en les fuyant, mais cette fuite nous éloigne de nous, nous décentre, nous désaligne, nous dévitalise …nous ne sommes plus vraiment présents à nous-mêmes, aux Autres, à notre vie, à la Vie. Et nous ne réglons rien. Nous ignorons la vie qui veut circuler en nous. Aujourd’hui, nous revenons de plus en plus à l’essentiel, à l’essence-même de qui nous sommes. Nous osons dévoiler, réveiller, révéler tout ce qui est en nous, et tout, absolument tout, est honorable, même les parties de nous que nous pouvons juger encore sévèrement.


Qui a dit que nous devions être parfaits ? Et si nous l’étions déjà ? parfaitement imparfaits ?!


Alors le Pardon ne se pense pas, ne se contrôle pas, il a besoin de cheminer. Il n’est pas un but, il est un chemin… de retour à soi, de réconciliation avec soi, avec son histoire, chemin d’évolution, de guérison, de libération, d’ouverture, de compassion et là … après avoir accepté d’être pleinement présents avec indulgence à tout ce qui circule en nous, dans notre corps, nos tripes, nous sommes prêts à nous accueillir dans notre cœur, à nous pardonner (pour ce que l’on a fait ou subi), à nous pacifier, nous remettre à notre juste place … au cœur de notre vie. Nous sortons de ce rôle de victime, avec ses raz-de-marée émotionnels et pouvons retrouver notre élan créateur, notre étincelle de vie, parce que nous en sommes dignes. Rien n’est à juger, tout est à éclairer, et la lumière du cœur est une magnifique source de guérison. « Par le bon don du pardon, je me donne à moi-même et je m’offre au monde … en me respectant et en respectant toute vie. Je suis parfaitement imparfaite et je m’accepte simplement et joyeusement comme je suis. »


Nadège Bondon Trémouilles

Merci Nadège Trémouilles, pour ce magnifique texte. Le pardon est un acte d’amour pour Soi et pour la Vie comme elle l'a si joliment dit.

Si vous aussi vous souhaitez être accompagné par Nadège Trémouilles vous pouvez la retrouver à son cabinet qui se situe à Saint Chéron et la contacter directement au 06 21 73 61 22. Je vous invite à découvrir son interview sur Le Carnet de Milie en cliquant ici.


Elle se fera une joie de vous faire découvrir sa pratique.

Belle journée,

Milie

carnetdemilie@gmail.com

Rambouillet 

France, CP 91

Inscrivez-vous à la newsletters et recevez les nouveautés et codes promos! 

  • Black Instagram Icon
  • Black Pinterest Icon
  • Youtube
  • Black Facebook Icon
  • Noir Twitter Icon